LE MOUROIR AUX ALOUETTES

Quand la mémoire sort les poubelles
tu ne sais pas qui attrapera la varicelle
la scène primitive retrouvée
au fond d’un sac plastique
déboîtée de sa musique
bandante – accordéon !
elle te tend la partition
vas-y joue joue
de la vomissure, du mal de gorge
vas-y catch a cold
and take the train!
Quand la mémoire sort sa concierge
Tu pourras toujours sonner chez toi
Dire à ta vie
Putain ouvre bordel !
C’est moi !
La porte sera blindée
Et toi tu shooteras
Dans le ventre rebondi de la vie
Ça te rappellera le placenta
Non tu rentreras pas
Non tu ne rentreras pas
Quand la mémoire sort son poisskai
une arête de souvenir
tronçonne ta gorge en deux
Du viol plein la bouche
Non je ne parlerai plus
La parole, ça dégouline de pus.

SOURIRE ACERE
Souvenirs souvenirs
Quand tu bâillonnes mon sexe
Avec ta langue aigue
Poignard acéré
Qui rentre dans ma chair
Main distinguée
Souvenirs souvenirs
Quand tu mâchonnes mes images
Et les recraches comme un chewing gum
J’aurai la blessure de ta carie
Souvenirs souvenirs
Crache moi la perte à la gueule
Que j’en finisse
Que je meure
Dans le jet de ta pisse

LE MAL
Il m’attendait dans la cage d’escalier. Rêvait de me pénétrer. J’ai éternué. A pris ma gorge comme ascenseur. Connard. A fait gling gling avec mes cordes vocales. Il a étranglé la parole. Les mots sont morts. Le silence a pris ma vie en otage. Ce n’est plus moi qui conduis, c’est lui.
Le mal n’a pas de visage. Alors il prend le mien. Grimace :
- trop vivant putain trop vivant. Faut arranger ça.
Il m’arrête au plus près des mes drames. Se barre. Je cours derrière. Trop tard. Déjà trop morte. Reste auprès de mes cadavériques chéries. Mais lui a déjà tout. Evidemment. Pris.
La nuit me remue et soulève la vie qui me constituait. Maintenant consti-tuée.
J’appartiens au gris des os ulcérés par l’attente.
Le mal est mathématicien. Fans de lignes brisés. D’arcs en ciels volés. Echecs et mat.
J’attends le norton anti-virus. Me débarrasser de lui et de moi. Ca va de soi.
TRIPES ET COMPAGNIE
Je préfère la soie blessante des nuits
au bord tranchant des jours
Oui
Dans ces minutes
Où la guillotine blesse mon cou
Prenez moi : couteau / fourchette / pain pour le beurre/
Prenez moi : pute pour moucher l’instinct
Prenez moi : robe qu’on enfile et jette
Mais les fenêtres geôlières
Pointent sur mes seins
La lumière revolver
Encore la soie blessante
Qui gifle ma peau
Encore le bord tranchant des jours
Qui carbonise mes espoirs
Lendemains grillés / tartine oubliée.
.RIEN
N’attends rien
Atteint tes gestes
Et c’est déjà bien
Eteint tes projets
Un à un
La cire n’est pas assez chaude
Pour les imprimer
Pour l’instinct
Exprime ta fatigue
Elle crèvera entre tes doigts
N’attends rien
Fabrique tout
Le mal
N’aime pas l’artisanal
ll craint le rouet
Laisse l’hémorragie
Dessiner ton portrait
Cartouche d’encre gratuite
N’attend rien
Atteint tes gestes
Enfile les cent mille volts
de tes battements de coeur
Patience…
Bientôt
Tu t’envoleras.

Par La Fée Cabossée, Jeudi 3 Aout 2006 à 22:12 GMT+2 dans Divers (article, RSS)





