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LES NOUVELLES DE LA FEE: "La nuit entre ses jambes"; "Djoni ou la balance inflexible", "entre Chien et Loup"

PERCUTANTES ET CABOSSANTES A SOUHAIT UN UPPERCUT EN GUISE D'APERITIF?
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ENTRE CHIEN ET LOUP

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Toujours excité à l’aube d’une grosse bêtise
la main dans la culotte
régler la température de la journée
je veux que tout soit parfait

conduire les heures
conduire surtout sans permission
écouter les sens interdits

débrayer mon train-train
larguer ses wagons
face à toi
homme /chienne / femme / loup

homme chienne
femme loup
homme loup
femme chien

dans tes bosquets
c’est la nuit surtout le jour
dans tes bras
c’est la douceur qui me brûle

mon avenir adviendra-t-il ?

Les essuies glaces
blessent l’horizon
lèchent un paysage
entre chien et loup

Devrais-je tout quitter ?

L’écriture : balai du monde
dans la poussière de mes humeurs
se dégagera la réponse

Cherche le chien
Fouille la louve
Cherche la chienne
Fouille le loup

Résultat de l’enquête :
Que du sang pour l’instant
Du sens s’il vous plaît !
Besoin de se laver les mains.

Devrais-je tout quitter ?

Coups de fer dans le cœur
Non je ne veux pas…
Non je ne veux pas !!

Cherche petite araignée
Cherche encore…
avec tes ongles épuisés
Et tes mains aimées de dieu
Tu trouveras de l’or.

Tête recourbée
Les pieds gelés
Mes dents
me claquent la porte
Au nez !

Je réclame la blessure
De tout perdre
La vie reviendra…
Reviendra-t-elle ?

Solitude,
silence bavard de mots
gigotant dans l’air,
vient m’apaiser

Solitude
sois le doigt dans la bouche
pour me faire vomir
L’angoisse d être

volonté de disparaître

Je réclame la blessure
De tout perdre
La vie reviendra…
Reviendra-t-elle ?


LA NUIT ENTRE SES JAMBES


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La nuit est entrée chez elle depuis longtemps
la nuit s’est infiltrée entre ses jambes
jusqu’à faire craquer tous les collants de ses joies.

Elle secoue ses angoisses
- Comment se fardent les fantômes, perdent-ils leur brouillard quand ils pleurent ?
Elle allume une cigarette. Brûle la moitié du lit. Hurle à la mort.
Elle se réfugie sous sa taie d’oreiller.
Cherche le sein de sa mère. Depuis longtemps pourri dans la terre.

Qui est-elle ?
Sinon moi
Pourquoi m’appelle-t-elle ?
Sinon pour nous retrouver.

Au téléphone :
-Viens, la télé n’éclaire plus ma vie, les anges perdent leurs ailes,
les glaçons de leur sainteté se décongèlent
quoi dire quoi faire sinon l’écouter pour ne pas nous tuer.

Comment l’ai-je rencontrée ?
Par une bouche qui bavait son abcd :
- il faut que tu ailles la voir, ça fais des semaines qu’elle en s’est pas vue.
Tu comprends, elle est fragile tu es le miroir, elle est l’incendie, tu es la briquet, elle est le cadavre …
- Je suis la mort »…

Ses crayons de couleurs illuminent son visage.
Son langage balbutie la vie.
Pauvre folle pauvre moi qui me retrouve dans les fêlures de ses gestes
Se regarde dans son acné…
Elle se préfère conne.

- Passe-moi ton corps, s’il te plaît me dit-elle
- quoi ?
- Tu vois pas que t’es mon devenir ?
- Pas question
- J’te demande pas ton avis, imbécile.
Elle me fout une claque, pioche dans mes gestes pour m’arracher leur chair.
Je me retrouve sur le pieu du purgatoire.

Ma peau ne lui va pas. Elle grimace sa vie dans la mienne. Je crève dans la sienne.
Elle me rend ce que je suis dans le désordre.
J’arrive a tout remettre, mais rien n’est à sa place.
Je ne suis pas la combinaison gagnante du tiercé.

Ses pieds tournent et dansent sous la couette.
Ils rythment la joie qu’elle n’a pas, la vie tombée dans son drap,
ma main dessine le fil de nos blessures qui se relient dans un jeu de talkie-walkie invisible.

Parlons de sa gorge.
Ses cordes vocalisent :
- Passe-moi le cendrier

J’obéis.
Elle allume une cigarette.
Je lui en demande une.
Elle me la balance dans un geste de colère.
La fumée embrouillent nos idées.

Nos lèvres s’accrochent aux filtres.
Le silence joue de la balançoire. Le silence. La balançoire…

Je tombe dans le vide.
Je tombe dans
Je tombe

Je vide ma tombe pour m’y installer
Je…
Elle me regarde agoniser.
Ça l’amuse.

La salive fait du manège sur ses dents
C’est dégueulasse.

Elle me dit :
- Tu dois t’en aller je crois ?
- T’as décidé pour moi de toute façon
- Rien ne t’échappe
- Au contraire, tout m’échappe, tout, sauf ton envie de rester seule pour te détruire.

Au passage, je froisse son quotidien de merde. Cric crac et… vlan. Tout par terre.
La télé, aller-retour chiottes-lit. Na. Je boom et rangue ses journées.
- Raque ma vieille, me dis-je, raque.

Je lui claque la porte à l’âme. Son sang gicle. Nous pataugeons dedans.

Manière de se dire à Dieu.



DJONI

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Des gens donnent; lui non.
Il arrive gercé. Fracasse le silence.
Je m’agite, adhésive.
Il grignote un sourire.
Me rit dessus.

Il se dissimule dans nos sourires.
J’ingurgite ses silences boueux.
Une autre lui a fait mal
C’est excitant.

Ton cœur soi-disant fatigué
ton sexe jusqu’à la dernière goutte,
barricades pour une tendresse fâchée.

Mes larmes devant toi.
- Comment veux-tu que je te baise ?
- En m’aimant.
Le sommeil bousculera nos chairs…

Le grattoir de la boite d’allumettes t’astique la cervelle
Enervé, tu bats le souffre pour t’envoyer en l’air
Tu vas nous inventer.

La pluie, l’encens, ton pétard, un tour de tes doigts sur moi.
Tes mains en bataille lâche la gouache de tes gestes :
- On y va ?

Ton appareil photo en main, moi les oreilles en arrière : jalousie.
Pour couper le beurre de ton discours
j’enfonce la main dans mon vagin:
- Regarde dans mon objectif !
- Mets toi de profil, participe, ferme ta gueule, bouffe la lumière, arrête, regarde-moi, stop !
Pauvre oracle à la chair abîmée par des ordres insensés, je ne fais que crier :
- Regarde dans mon objectif !

Dégoûtée de ton corps, toi qui joues de la beauté comme moi, avec la mort.
Si pour toi la frustration est un serre-couille pour mieux bander,
moi, c’est un étau qui me casse la noisette.
Je craque …

Tu décroches :
- Je déteste les passes téléphonées et les syllabes driblées des couples caoutchouteux »

Tu reviens.
En cadeau, la colère nichée dans ton boomerang.
La couenne de mes questions est aussi graisseuse que tes sentiments.
J’ai l’âme aussi serrée qu’un cochon qu’on égorge.

Le jour, je rassasie l’amertume des clients dans un bar.
Idir, un habitué qui connaît mon histoire avec cette balance inflexible, me dit :
- Ne l’appelle pas, c’est pas difficile: tu n’as rien à faire
je lui rétorque :
- C’est peut-être ça le plus compliqué
il me répond
- Quand tu cours après ton ombre, tu ne la rattrapes pas, mais si tu t’immobilises, elle est très près derrière toi …

TGV.
Tu pars je reste je reste tu pars.
Le soleil t’attend.
Mon cœur clash et végète.

Le lendemain, il m’appelle :
- A Marseille, il fait beau, j’ai fait une ballade avec mon père, je suis allé au marché avec lui,
on a acheté des carottes et des concombres, des tomates et de la viande
et mon père n’était pas content parce que je l’ai fatigué et blablabla..
Pendant qu’il me débite son discours, je me dis :
« ce mec est pourtant comme les autres tout pareil vraiment
rien d’extraordinaire non vraiment je ne comprends pas pourquoi j’en suis aussi dingue
peut-être que lorsqu’il me raconte ces conneries comme en ce moment
ça me rassure oui c’est ça, ça doit me rassurer,
c’est un homme comme les autres, aussi con que les autres, oui vraiment.

Tu t’allonges sous le soleil, la mer à tes pieds.
Des filles jouent au osselets avec tes testicules
D’autres les donnent comme os pour leur chienchien :
- Va chercher, allez va chercher !

Gentilles petites pétasses,
elles bordent ton désir pour que tu n’attrapes pas froid.

Tu touches ton côté;
constates que ton âme est un panier-percé
Pourtant t’as tout l’attirail : lunettes de soleil, crème à bronzer…

Que se passe-t-il mon chéri ?
Tu ne comprends pas, donne un coup de manivelle à ton cerveau
tournicotes, c’est ça connard,
tournicotes tes cheveux.

La vie ne te fait plus crédit.
Paye ta dette avec tes propres veines.

T’es sûr que ça va me faire bander.


Vos commentaires

1 Le Mercredi 11 Janvier 2006 à 01:10 GMT+2, par sangarra

"Djoni" . excellent . à vif . à donner chair et os de poule .
c'est le texte que j'ai lu ce soir. je reviendrai ...

je l'ai croisée la fée cabossée . dans des couloirs il y a quelques années . je ne savais pas même comment elle s'appelait. mais je la voyais. et je voyais aussi un peu Asia en elle. puis cette affiche épinglée . "vie musclée" . ce visage que je reconnais . "étrange"... formule ma pensée. je n'ai toujours pas pu vivre cette fée en live. rdv repoussé. à bientôt j'espère .

2 Le Lundi 13 Fevrier 2006 à 17:45 GMT+2, par alien4

Ta peinture "entre chien et loup" : comme dit Cézanne, "le tableau se croise les bras". C'est le signe qu'il est achevé, parfaitement suffisant. Et c'est très rare d'arriver à cela. Ce n'est pas de la magie, même de la part d'une fée, c'et de l'inspiration et du travail. Et aussi pas mal de vie cabossée!

3 Le Jeudi 25 Mai 2006 à 09:07 GMT+2, par neptune

"la poésie ne consiste pas, comme on se l'imagine trop souvent encore, dans l'hémorragie de soi, mais, tout au contraire, dans l'abstinence de soi."
François Cassingena-Trévedy

4 Le Lundi 5 Juin 2006 à 11:39 GMT+2, par La FC

Pour répondre à Neptune...
La poésie n'a pas qu'une définition, "comme on se l'imagine trop souvent" pour reprendre tes termes... à ta citation voici la belle réponse de Jean Cocteau:
"Le poète parle à travers la bouche de sa blessure"

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